Quand les scientifiques ne veulent pas que la puff soit interdite

Mme Borne Tenant une vape dans la mains droite avec son dossier de travail.

La disparition imminente de la puff, une cigarette électronique à usage unique très prisée des adolescents, est à l’ordre du jour en France. Lors d’une annonce récente, la Première ministre, Élisabeth Borne, a clairement exprimé son soutien à une interdiction totale à venir. Dans le cadre d’un futur plan national de lutte contre le tabagisme, le gouvernement français prévoit notamment de proscrire ces cigarettes électroniques jetables. Qu’est-ce qui a donc causé l’interdiction de la puff en France ? Que pensent les scientifiques de cette décision ? Éléments de réponse.

Qu’est-ce qui a causé l’interdiction de la puff en France ?

Le 3 septembre 2023, la Première ministre, Élisabeth Borne, a annoncé que les cigarettes électroniques jetables puffs seraient bientôt interdites en France. Elle a évoqué plusieurs arguments pour justifier cette décision. Selon elle, les puffs donnent de mauvaises habitudes aux jeunes, qui apprécient sa facilité d’utilisation et sa variété de saveurs. Bien que ces cigarettes électroniques à usage unique soient interdites aux mineurs, 13 % des jeunes âgés de 13 à 16 ans l’ont déjà expérimenté. C’est ce que révèle un sondage établi par l’Alliance contre le tabac (ACT), qui se réjouit de l’annonce de son interdiction prochaine.

D’après France Vapotage, les puffs représentent 10 % et 15 % du chiffre d’affaires (évalué à plus d’un milliard d’euros), du marché des cigarettes électroniques. Ce succès s’explique en partie par la publicité qui leur est faite sur les réseaux sociaux, où les mineurs se retrouvent. Depuis deux ans, de nombreux influenceurs font l’éloge de ces produits, créant ainsi une véritable tendance. En plus, les puffs ont l’avantage d’être disponibles partout, dans les grandes surfaces, les boutiques spécialisées, les magasins à bas prix. C’est la raison pour laquelle elles ont rapidement conquis les adolescents, depuis leur arrivée en France en 2021.

« Les puffs permettent de vapoter avec une concentration de nicotine comprise entre 0 et 20 mg/ml. Certains peuvent prétendre que ce n’est pas nocif, mais c’est une habitude, un comportement que les jeunes adoptent. Puis, c’est par ce biais qu’ils deviennent fumeurs et il faut mettre fin à cela », a expliqué la Première ministre. L’interdire serait donc le moyen de fermer la porte d’entrée des mineurs vers le tabagisme. Toutefois, la France ne fait pas figure d’isolée en Europe. Plusieurs nations voisines comme l’Allemagne, la Belgique et l’Irlande ont déjà entamé une telle prohibition de ces produits très prisés.

À qui s’adresse la puff ?

La puff est spécialement conçue pour deux types de consommateurs. D’une part, elle est principalement destinée aux fumeurs adultes qui cherchent une alternative plus saine et plus moderne au tabac traditionnel. Son prix moyen, variant entre 5 et 10 euros, permet aux néophytes de découvrir la vape en toute simplicité, sans engager des dépenses excessives. Grâce à sa conception sans combustion, elle offre également une expérience de vapotage plus douce et moins nocive.

D’autre part, la Puff s’adresse aussi aux vapoteurs à la recherche de dispositifs électroniques discrets, parfaits pour leurs déplacements ou les moments festifs. Sa conception minimaliste et son caractère jetable en font un choix idéal pour ceux qui souhaitent un vapotage sans tracas et en toute discrétion.

Cependant, il faut préciser que la puff n’est pas accessible à tout le monde, car sa consommation est strictement interdite aux mineurs. Les fumeurs désireux de s’engager dans le vapotage doivent donc impérativement respecter l’âge requis pour l’achat de ce produit.

Le scientifique qui se positionne contre l’interdiction des puffs

Au Royaume-Uni, le débat sur l’interdiction des puffs a aussi fait rage, mais un scientifique s’est distingué en s’opposant fermement à cette mesure. Il s’agit de la docteur Marina Murphy qui a publié une déclaration dans laquelle elle met en avant les arguments contre l’interdiction des puffs. Selon elle :

  • Des mesures visant à décourager la consommation par les jeunes sont nécessaires, mais l’interdiction des vapes à usage unique n’est pas la solution.
  • L’élimination des produits jetables, qui sont à la fois pratiques et abordables, pourrait inciter les vapoteurs existants à revenir vers la cigarette classique.
  • Les puffs sont hautement recyclables, mais il est impératif de mieux informer les consommateurs sur la manière de les éliminer correctement.
  • L’interdiction des puffs pourrait créer un marché noir non réglementé, comme ce fut observé en Australie.
  • Une telle décision risquerait de porter atteinte aux investissements dans l’industrie du vapotage au Royaume-Uni.

L’éminente scientifique de l’industrie, la Dr Marina Murphy, souligne également que les puffs ont le potentiel de réduire les risques liés au tabagisme. Ils permettent aux fumeurs de substituer une alternative moins nocive, sans les effets néfastes du tabac combustible. De nombreuses études ont montré que le vapotage peut être une aide efficace pour les fumeurs qui cherchent à arrêter de fumer. En interdisant ces cigarettes électroniques jetables à usage unique, l’on pourrait priver ces individus d’une option moins dommageable pour leur santé.

En conclusion, la puff est un produit controversé, qui suscite des débats entre ses détracteurs et ses défenseurs. Si le pouvoir public la considère comme une menace pour les mineurs, d’autres y voient une opportunité pour réduire les méfaits du tabagisme. Il serait donc judicieux que les décideurs prennent en considération tous les aspects du sujet avant de mettre en œuvre une interdiction des puffs.

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